L’agriculture biodynamique – les modèles de production agricole, part.2

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Tous les mardis pendant un mois, nous vous proposons de découvrir l’histoire d’un modèle d’agriculture. Après l’agriculture conventionnelle, cette seconde partie sera consacrée à l’agriculture biodynamique.

 


L’agriculture biodynamique

Nous devons l’approche biodynamique au philosophe et scientifique autrichien Rudolf Steiner. Développée au début du 20e siècle, Steiner n’en propose officiellement les principes qu’en 1924. Steiner, qui  s’oppose formellement à la méthode expérimentale, construit les bases de ce modèle sur des dogmes relevant du courant ésotérique. Ainsi, contrairement à l’agriculture biologique, l’approche biodynamique n’est pas basée sur des observations.

Le postulat fondateur de l’agriculture biodynamique est de considérer l’exploitation agricole comme un organisme vivant. Cette philosophie anthroposophique  et intuitive se rapproche des visions agricoles d’anciennes civilisations, comme celle de la Chine antique, ou celle des Incas. A travers la biodynamie, Steiner met en avant l’importance d’un sol vivant, et du travail de sa biodiversité, un principe essentiel de l’agriculture naturelle.

Une méthode naturelle et paradoxale

D’après les enseignements de la biodynamie, l’agriculteur doit respecter les forces cosmiques et se servir de leurs différentes influences pour favoriser une croissance saine de ses végétaux et de son bétail.  C’est pourquoi cette méthode est considérée comme « dynamique » (du latin dunamis, force).

Cette méthode à l’avantage de porter une attention tout particulière à la qualité de sa production. Elle génère des produits sains, et permet ainsi une réelle discrimination prix pour le producteur, contrairement au conventionnel. Elle porte une attention minutieuse à la vie du sol : la biodiversité des zones de culture ne s’en voit qu’améliorée.

Cependant, l’agriculture biodynamique  s’appuie sur la monoculture, une technique qui aboutit sur le labour et le désherbage. Ceux-ci sont élaborés avec des associations de produits naturels. Si ces potions limitent l’utilisation d’intrants et les externalités liées aux produits polluants, ils entrent dans une logique d’élimination ou de répulsion, et contribuent à l’érosion des sols. Un paradoxe, si l’on considère les sols comme vivants.

L’agriculture biodynamique au 21e siècle

L’agriculture biodynamique reste aujourd’hui très controversée, autant en raison de ses fondements antroposophiques, que pour ses résultats (en comparaison à l’agriculture biologique). Beaucoup de ses principes, dogmatiques, n’ont pas été prouvés scientifiquement. Notamment, le respect d’un calendrier lunaire, très contraignant, n’est que peu compatible avec une exploitation à but commercial. Cependant, depuis sa création, et dans toutes ses particularités, la biodynamie a connu de nombreuses évolutions. Elle se dirige aujourd’hui vers l’agriculture naturelle, et s’éloigne ainsi de plus en plus des principes ésotériques.

Ainsi, les biodynamistes ont intégré une méthode plus expérimentale et ont adapté leurs pratiques en fonction de problématiques modernes, et de la réalité. D’ailleurs, certaines potions élaborées selon les principes biodynamiques se révèlent aujourd’hui avoir des effets similaires à ceux de certains pro- biotiques (ex : décoction d’ortie, corne enterrée).

Des méthodes médicinales privilégiées par la  biodynamie sont encore utilisées aujourd’hui. Par exemple : la décoction d’orties.

 

Découvrez l’article dédié au modèle de l’agriculture conventionnelle.

 

Article proposé par Camille Prudhomme et Ognon

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